Les Techniques

Aquagravure

Procédé de gravure originale. Mis au point par Bernard Pras à la fin des années 1980, l'aquagravure consiste à imprimer le motif encré, reproduit par transfert sur support souple à base de caoutchouc, sur une feuille encore humide. La pâte à papier est pressée et débarassée de son eau, en même temps que le motif est imprimé. Cette technique confère au support papier des reliefs, contrairement aux techniques classiques de gravure.

Aquatinte

Gravure à l’acide sur une plaque de cuivre. L’aquatinte est un procédé qui produit des nuances de valeurs, plutôt que des traits. De la poudre résine est disposée au besoin sur la plaque de cuivre. Mordue par l'acide, la plaque de cuivre présente plus ou moins de des pointillés en creux sur les parties les moins protégées par la poudre résine. On distingue deux méthodes différentes d'impression, selon que le motif est positif ou négatif.

Cibachrome

Procédé photographique. Le procédé cibachrome consiste à imprimer une image photographique, par un tirage positif-positif. Lors du tirage, les pigments de la base cibachrome (plastique, et non papier photographique) sont détruits par la lumière à laquelle ils sont exposés via le positif, recréant ainsi les couleurs de la photographie.

Eau-forte

Procédé de gravure en creux sur métal, généralement du cuivre mais aussi du zinc ou de l’aluminium. L’eau-forte est une gravure creusée dans le métal par un « mordant » chimique. On commence par appliquer un vernis sur le métal préalablement chauffé. On grave le motif dans le vernis avec une pointe ou un abrasif puis on plonge la plaque de métal dans le bain de mordant. Celui-ci attaque le métal aux endroits dénudés par la pointe, le vernis protégeant les autres parties. A l'impression, les parties en creux, remplies d'encre, apparaîtront noires.

Estampage

Consiste à obtenir un motif sur un support, par pression entre deux blocs – les matrices.

Gaufrage

Le gaufrage est un procédé d'impression destiné à donner à la matière imprimée des creux accentués, soit par pression de forts reliefs, soit en modelant dans des creux un papier humidifié.

Gravure au carborundum

Procédé de gravure en creux. Le carborundum, siliciure de carbone, est un matériau abrasif et dur. Dans la gravure au carborundum, il est utilisé en poudre, disposé sur une plaque métallique. La plaque ainsi travaillée est pressée entre deux rouleaux d'une presse ; le carborundum imprime ainsi le motif en creux dans la plaque, qui sera encrée pour l'impression.

Gravure en relief sur métal

Technique très ancienne, bien qu’assez rarement pratiquée. Comme la gravure en creux, elle peut s’exécuter selon deux procédés, gravure aux instruments ou gravure par attaque d’un acide. La gravure en relief sur métal est l’inverse de l’eau-forte, c’est-à-dire que les parties non imprimantes sont attaquées par l’acide. On peint le motif sur le métal tiède avec un vernis protecteur, puis on trempe la plaque dans un bain d’acide. L’acide mord les parties non protégées. À l'impression, l'encre est appliquée sur les parties en relief.

Gravure sur bois (ou Xylogravure)

Deux techniques de gravure sur bois (aussi appelée xylographie) se dinstinguent. La gravure sur bois de fil pour laquelle la gravure est effectuée sur des planches sciées dans le sens du fil du bois. N’importe quel bois dur, lisse, sain et bien sec peut être utilisé y compris les contre-plaqués et les agglomérés. Une fois le motif dessiné sur le bois, on le détoure au canif et on creuse à la gouge. La gravure sur bois de bout, ou bois debout : cette technique se pratique sur un bois scié dans le sens perpendiculaire au sens du fil. Elle présente un progrès technique : les fibres ne risquant pas d’éclater, on peut exécuter les détails les plus minutieux. Il s’agit encore d’une gravure « en taille d’épargne » ; les outils ressemblent à ceux que l’on utilise pour graver le métal. Pour ce type de gravure, le meilleur bois est le buis, dur, compact et homogène.

Héliogravure

Procédé photomécanique. Le support de l'héliogravure est gravé en creux d'une façon mécanique avec un diamant ou au laser ou encore traîtée à la manière de l'aquatinte ; dans ce cas, des grains de résine et de gélatine exposés à la lumière de l'image à reproduire réagissent selon leur insolation. Le support est ensuite attaqué par un mordant, les zones de réserve sont protégées par la résine durcie. À l'impression, le tirage se fait comme pour les gravures en creux.

Linogravure

Procédé de gravure en relief pratiqué sur le linoléum, matériau malléable. Pour la linogravure, le linoléum souple et de teinte naturelle est employé. On dessine le motif au crayon ou à l’encre de Chine, puis on creuse tout autour avec des plumes-outils adaptées sur des manches spéciaux. Les parties qui devront apparaître en blanc sont enlevés au couteau ou, s’ils sont très petits, à la gouge. L’empreinte en relief ainsi dégagée est recouverte d’encre pour l'impression.

Lithographie

Procédé d’impression à plat. Cette technique s'appuie sur l’antagonisme de l’eau et du corps gras ou de l’encre lithographique. Le sujet à reproduire est dessiné à l’envers sur une pierre à l’aide d’un crayon gras. En mouillant l’ensemble, l’eau imprègne la surface non dessinée de la pierre et se trouve repoussée par les parties grasses du dessin. Un rouleur encreur passé sur la pierre ainsi préparée dépose l’encre d’imprimerie grasse dont il est chargé sur les traits gras du dessin. Les parties humides de la pierre, non dessinées, repoussent l'encre lithographique. À l'impression, le motif encré se dépose en miroir sur une feuille de papier pressée sur la pierre lithographique. Une lithographie en couleur nécessite autant de pierres (et d'impression sur une feulle) qu'il y a de couleurs ; chaque pierre lithographique sert de support à une couleur de l'estampe et est traitée comme indiqué précédemment.

Manière noire (ou Mezzotinto)

Procédé de gravure en creux sur plaque de cuivre. Dans un premier temps, la plaque de cuivre est travaillée au berceau, outil formé de petites pointes acérées, qui graîne ainsi toute la surface : les grains obtenus donnent un noir profond. Pour créer des valeurs allant de diverses nuances de gris au blanc, les grains sont ensuite travaillés au brunissoir ou au gratoir. Dans cette technique, le motif n'est pas dessiné, mais apparaît par juxtaposition des zones de valeurs différentes. A l'impression, la plaque est encrée et essuyée, afin que l'encre soit délimité dans les creux, puis passée sous presse.

Monotype

Plaque de cuivre ou de plexiglas non gravée, sur laquelle est déposée une peinture aux encres d’imprimerie noire ou de couleur. On l’imprime alors que alors que la couleur est toute fraîche. La plaque peut alors être mise à nu par des essuyages et des grattages, ce qui produit des dégradés, des blancs et offre l’illusion d’un procédé de gravure. On peut parfois faire deux tirages d’une même planche, le premier recevra presque toute l’encre, la seconde sera plus faible, peut-être plus fine et plus rare. Ce procédé donne des résultats empreints d’une certaine préciosité.

Offset

Inventée en 1904, l’offset désigne un système de reproduction utilisant, pour établir la forme imprimante, toutes les ressources des opérations photomécaniques : tramage des images demi-teintes, sélection optique des couleurs et reproduction quadrichromique par synthèse additive des couleurs. L’offset, terme anglo-saxon signifiant « report » ou « décalque », permet un tirage plus rapide et continu. Les machines offset reposent sur l’action de trois cylindres solidaires (un cylindre porte-plaque, un cylindre porte-blanchet et un cylindre de marge). Cette technique, qui a d’abord contribué au développement de la technique lithographique, finit par la remplacer.

Phototypie

Procédé photographique par tirage négatif-positif. Le tirage phototypique consiste à insoler une plaque de verre recouverte de gélatine photosensible, à travers un négatif noir et blanc non tramé de la taille du tirage final. La plaque exposée, puis travaillée devient imprimable, à la manière d'une pierre lithographique.

Pochoir

Technique de découpe d’une feuille de zinc de 1/10 de millimètre. Le pochoir est ensuite appliqué en repérage sur le papier. Un pochoir est mesuré pour chaque couleur ou chaque ton. La couleur, aquarelle, encre de Chine ou lavis, est appliquée au moyen d’une brosse.

Pointe sèche

Technique de gravure directe. La pointe sèche désigne aussi bien la technique mise en oeuvre, que l'outil – pointe acérée – qui sert à réaliser l'estampe. Le motif, gravé directement à la pointe sèche sur une plaque de cuivre, crée en plus de la taille des bourrelets de métal (les barbes), qui adoucissent les traits à l'impression. En raison de la fragilité des barbes, la pointe sèche ne supporte qu'un petit nombre de tirage, avant dégradation du support.

réhaussé(e)

On dit qu'une estampe ou une photographie est réhaussée, lorsque de la matière (peinture, par exemple) est ajoutée à l'oeuvre d'origine. Les réhauts servent à mettre en valeur le motif ou à modifier la perception que l'on a de la représentation. Cela peut être également une volonté de l'artiste d'intervenir de façon originale sur une oeuvre multiple.

Sérigraphie

Procédé d’impression au moyen d’un écran de soie. C’est une technique d’impression moderne découlant de la méthode au pochoir. Le principe consiste à appliquer la couleur à travers un tissu dont certaines parties sont protégées et correspondent aux réserves du dessin. La soie, longtemps considérée comme le meilleur tissu pour les écrans de sérigraphie, cède de plus en plus la place aux tissus synthétiques en nylon ou en tergal. Le papier de l’estampe est placé sous l’écran et le dessin qui s’imprime correspond à toutes les parties non obturées.

Techniques mixtes

Est désignée par le terme « techniques mixtes » une association de différentes techniques, employées pour une même oeuvre ou estampe.