Morellet, François
« Figure déterminante et libre de toute contrainte idéologique, François Morellet apparaît désormais comme l’un des créateurs les plus originaux de la seconde moitié du XXe siècle. (…) Il développe en autodidacte depuis la fin des années 40, un programme mêlant rigueur et jeu, système et hasard. Fasciné par la science des mosaïques de l’Alhambra, attentif aux avant-gardes constructivistes comme à l’œuvre de Max Bill, F.Morellet élabore dès le début des années 50 des œuvres systématiques et délibérément réductives supposant des principes répétitifs et déductifs anticipant de façon singulière sur ses contemporains. » « Aimer foutre la merde », Histoire de l’art du XXe siècle, Ed. Beaux-Arts magazine, Bernard Blistène.
« François Morellet est l’auteur d’une œuvre imprégnée de mathématiques, de contraintes secrètes à la Queneau et d’humour à froid. Ses recherches formelles (…) lui firent côtoyer l’élite internationale (Joseph Kosuth, Naumam, Dan Flavin…) sans jamais lui faire perdre ni sa singularité ni son mystère. La carrière de F.Morellet a débuté par une peinture déjà très conceptuelle. Ses œuvres déconcertent et ne renvoient qu’à elles-mêmes. Mais elles supposent encore une intervention trop personnelle à son goût.(…) Il a renoncé à sa palette et travaille sur la notion de multiple dépersonnalisé, ou l’original n’a plus lieu d’être, pas plus que la signature. Il s’interroge sur la notion de mouvement fondée sur des effets purement optiques puis recourt aux énergies artificielles (néons) et à des matériaux industriels dénués par nature de toute subjectivité. » Nathalie Pineau, « Morellet, lettre et le néon », Art Actuel, n°6, 2006