Gaudaire Thor, Jean
La peinture de Jean Gaudaire-Thor parle du corps. Mais à la manière dont la photographie nous a habitués à la voir : riche, beau, sain et jeune. Les signes qu’il utilise, qu’ils proviennent de Haute Egypte, de Lascaux, nous convient à nous souvenir que le corps humain – et tout spécialement celui de la femme – n’eut longtemps que sa peau pour tout vêtement. Cette peau sur laquelle était marquée par scarification son histoire, mêlée à celle des ancêtres, des dieux aussi. Car c’est là sans doute que la différence entre le corps occidental, fictif, lisse et passif, et le corps nu de l’Afrique est la plus significative. Ce corps peint, non seulement ne dissimule pas le sexe, mais au contraire l’accuse et l’offre paré. Ces signes qui le couvrent n’ont pas seulement pour fonction de l’inscrire dans le seul registre du symbolique, mais de le montrer comme objet de vivat désir. De la naissance à la mort ce corps-là ne cache rien de la puberté, de la fécondité, du jeu, de la danse et du désir. La démarche de Jean Gaudaire-Thor autour de notre corps d’origine, mais aussi des masques qui rythment et accompagnent tous les moments forts de son existence, s’inscrit dans une réflexion sur « l’animal humain » dans son rapport avec le monde, la nature et les animaux. Les signes et les formes qu’il utilise surgissent sur la toile avec la force et l’étrangeté de ces silex. Il s’agit de provoquer un choc tel que le regard en soit profondément changé. Car il est aussi et surtout un peintre contemporain, venant après Klee et Miro, fasciné par les signes et les codes arbitraires.